Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /2007 19:18

La macreuse brune

Melanita fusca

La macreuse brune appartient à la tribu Mergini c'est donc un canard marin. Macreuse brune et macreuse noire forment le genre melanita. Bien que canard marin, les macreuses vont assez loin à l'intérieure des terres pour nicher.

 

On distingue trois sous-espèces qui diffèrent par la forme et la couleur du bec et par la forme de la tache oculaire située sous l'oeil pour le mâle.

- Melanita fusca fusca . Sous-espèce européenne.Cette sous-espèce niche de la Scandinavie à travers la Russie et dans la moitié ouest de la Siberie, jusqu'à la presqu'île de Taymyr. Elle passe l'hiver le long des cotes de l'Europe occidentale, de la Norvège à l'Espagne. On peut en observer aussi sur la mer Caspienne.

2 - Melanita fusca stijnegeri. Sous-espèce asiatique.Elle niche en Sibérie orientale des monts de l'Altaî à l'est jusqu'au Kamtchatka et au sud jusqu'à la Mongolie. Elle hiverne le long des côtes de l'Océan Pacifique du Kamtchatka et au sud jusqu'au Japon et à la chine.

3 - Melanita fusca deglandi. Sous-espèce américaine, elle niche au nord ouest de l'Alaska jusqu'à la baie d'Hudson au Canada et au Sud jusqu'au nord des Etats-Unis. Elle hiverne aussi bien sur la côte ouest que sur la côte est de l'Amérique.

 Les macreuses brunes passent la plus grande partie de l'année en mer. On peut les observer avec des jumelles mais leur teinte foncée ne permet pas toujours de les distinguer. Pendant la période de reproduction on les rencontre autour des grands lacs, elles privilégient les îlots bien touffus. Les crustacés et les moules composent la majeure partie de leur menu. 95 % de leur nourriture est d'origine animale. Elles plongent pour se nourrir et peuvent rester une minute sous l'eau. Le long des côtes Européenne et d'Asie, les macreuses brunes et macreuses noires peuvent cohabiter en grand nombre. Le long des côtes américaines elles cohabitent avec les macreuses à lunettes. Les macreuses brunes ont leur maturité sexuelle à partir de deux ans. Cela dit, on observe en mer une grande quantité de mâles en couleurs en compagnie de femelles durant les mois d'été. Cela laisse à penser que ces mâles et femelles ne reproduisent pas encore. Début mai, les macreuses brunes arrivent sur leur territoires de nidification qui peuvent être situés loin à l'intérieur des terres, elles y parviennent par un vol en altitude parcourant de longues distances au dessus de la terre ferme, par opposition à leur vol au raz des eaux lorsqu'elles voyagent en mer.

Les nids sont établis parfois assez loin de l'eau, ils sont très bien camouflés dans une végétation dense. Les oeufs sont teintés de rose clair et mesurent 66 mm sur 46 mm. Les pontes découvertes varient de 6 à 17 oeufs. La période de nidification s'étale entre le seconde semaine de juin et la première semaine de juillet. L'incubation dure entre 26 et 29 jours.

Les canards marins abandonnent leur progéniture assez tôt, souvent après la deuxième semaine, les petits forment de véritables crèches. Les canetons sont gardés par des canes dont la ponte aurait été perdue.

 

 La macreuse noire

Melanita negra

 

 

 

 

 

 

 

On distingue deux sous-espèces.

1- Melanitta negra

L'aire de répatition de la macreuse noire comprend le nord de l'Europe et de l'Asie, et l'ouest de l'Alaska. Elle niche en Islande, au nord de la Scandinavie et de la Finlande, sur les côtes de l'U.R.S.S., de l'Ecosse et de l'Irlande.

2- Melanitta americana.

Son aire de répartition comprend l?est de l?Alaska et l?est du Canada Elles se distinguent des autres Melanitta par la tête et par le dessin du bec. Elles n?ont pas de plumage d?éclipse. La sous-espèce americana se différentie aussi par la forme du bec. La macreuse noire (Melanita negra) est le seul canard entièrement noir que l'on connaisse, (le mâle de la macreuse brune (M. fusca) porte en effet une tache blanche sur les ailes et sous les yeux). Son bec a une bosse à la base et une grande tache orange sur la mandibule supérieure. Ses pattes sont brun-noir, l'iris de ses yeux est marron. La femelle est brun foncé. Son ventre est plus clair, sa poitrine et ses joues sont blanchâtres. Le mâle comme la femelle sont plus petits que le Colvert. En dehors de la saison de reproduction, les macreuses noires (Melanitta negra) restent en mer. Elles sont en partie sédentaires, en partie migratrices. Elles hivernent par bandes nombreuses sur toutes les côtes ouest de l'Europe, celles de la Grande-Bretagne, de la mer du Nord et de la Baltique et parfois sur la côte nord-ouest de l'Afrique. Sur les côtes, on observe la migration des macreuses dès le mois de juillet, le soir et la nuit. À cette saison, les mâles prédominent mais, dès septembre, la proportion est inversée en faveur des femelles et des immatures qui deviennent incontestablement majoritaires au mois de décembre. À l'intérieur du continent européen, on rencontre exceptionnellement quelques macreuses isolées, généralement de septembre à avril. La parade de ce canard commence en septembre ou octobre, dans ses quartiers d'hiver.

Son aire de répartition comprend l?est de l'Alaska et l'est du Canada Elles se distinguent des autres par la tête et par le dessin du bec. Elles n'ont pas de plumage d'éclipse. La sous-espèce se différentie aussi par la forme du bec. La macreuse noire () est le seul canard entièrement noir que l'on connaisse, (le mâle de la macreuse brune porte en effet une tache blanche sur les ailes et sous les yeux). Son bec a une bosse à la base et une grande tache orange sur la mandibule supérieure. Ses pattes sont brun-noir, l'iris de ses yeux est marron. La femelle est brun foncé. Son ventre est plus clair, sa poitrine et ses joues sont blanchâtres. Le mâle comme la femelle sont plus petits que le Colvert. En dehors de la saison de reproduction, les macreuses noires (restent en mer. Elles sont en partie sédentaires, en partie migratrices. Elles hivernent par bandes nombreuses sur toutes les côtes ouest de l'Europe, celles de la Grande-Bretagne, de la mer du Nord et de la Baltique et parfois sur la côte nord-ouest de l'Afrique. Sur les côtes, on observe la migration des macreuses dès le mois de juillet, le soir et la nuit. À cette saison, les mâles prédominent mais, dès septembre, la proportion est inversée en faveur des femelles et des immatures qui deviennent incontestablement majoritaires au mois de décembre. À l'intérieur du continent européen, on rencontre exceptionnellement quelques macreuses isolées, généralement de septembre à avril. La parade de ce canard commence en septembre ou octobre, dans ses quartiers d'hiver.

La macreuse noire revient à son aire de nidification en mai. Elle niche sur les lacs, dans les roselières et les toundras. Excellentes plongeuses et nageuses, les macreuses marchent difficilement, se tenant très droites. Elles nichent donc tout près de l'eau, généralement dans la végétation riveraine ou sous des buissons.

La femelle couve seule ses 5 à 8 oeufs, habituellement en juin. Le mâle abandonne rapidement sa compagne. Les petits éclosent au bout de 27 à 31 jours et, lorsqu'ils sont secs, la mère les emmène à l'eau. Les jeunes restent près de la mère 6 à 7 semaines, puis prennent leur indépendance, mais restent groupés.

La Macreuse noire cherche sa nourriture uniquement sous l'eau. Elle plonge jusqu'à 6 m de profondeur. Elle attrape des mollusques, des crustacés, des vers, des insectes aquatiques et leurs larves. Elle se nourrit aussi partiellement de végétaux, tels que pousses vertes de plantes aquatiques. Elle échappe aux rapaces en plongeant directement dans l'eau.

 

Détention et élevage de la macreuse brune

Espèce chassable.

N'est pas sur les listes 1 et 2 de l'arrêté du 10 Août 2004.

 

 

 Entre seulement dans le quota de 80 spécimens.

La détention de la macreuse brune ne pose aucun problème à condition de respecter deux points importants : La qualité de l'eau et la nourriture.

Depuis maintenant huit années j'ai le plaisir de voir évoluer mes macreuses brunes dans un bassin de 40 m2, leur plumage est toujours parfait, le couple respire la santé. Elles évoluent en compagnie de garrots arlequin et d'eiders à lunettes. Elles ont un caractère facile, et ne perturbent pas les autres canards. C'est en général les autres espèces qui les dérangent. Le bassin n'est occupé que par des canards plongeurs, la nourriture est donc la même pour tous : du floating riche en protéines (il est dosé à 30% ). Une arrivée d'eau fraîche assure un très bon état sanitaire du bassin, surtout durant la période estivale. Nourriture et eau deux conditions indispensables à la détention de tels oiseaux.

C'est en Belgique que j'ai trouvé mon couple, à cette époque un seul éleveur en proposait, je le connaissait bien, je pense qu'en quelques années il a fourni la Belgique et la France, il était, en effet, le seul a avoir de la reproduction issue d'un trio, si ma mémoire est bonne. A l'époque les grands marchands de canards le jalousaient et disaient que les jeunes étaient issus d'eufs prélevés dans la nature. Je pense maintenant que sa cane pondait puisque ce couple est actuellement en France et que depuis deux ans l'heureux propriétaire a des oeufs.

Pour ma part je n'ai jamais eu de ponte, le mâle coche sa femelle fréquemment dès que le printemps est là mais en vain.

Il y a trois ans un éleveur de l'Oise, qui a une belle collection d'anatidés, m'appelle pour prendre de mes nouvelles et me faire part de son inquiétude au sujet de sa cane de macreuse qui a disparu. Elle est peut être entrain de couver lui dis je. Effectivement il me rappelle quelque temps plus tard pour m'annoncer qu'il avait vu revenir la cane avec des petits au nombre de cinq. Cet éleveur ne m'a plus donné de nouvelles, j'ai appris par la « bande » qu'il n'avait pas réussi à élever les petits. Cette histoire me redonnais confiance et je décidais de changer mon couple d'enclos. Je les disposais dans une marre beaucoup plus grande avec du terrain autour pour leur permettre de trouver un emplacement plus propice à la nidification. Je les ai observé se promener dans le parc, je caressais l'espoir de voir la cane faire son nid et pondre. . En fin de saison je devais m'y résoudre, la cane ne pondrait pas encore cette année.

J'apprenais que l'éleveur qui avait la chance d'avoir le fameux couple reproducteur avait eu des oeufs en 2002. 

J'ai pu échanger des informations avec lui, J'ai deux couples m'a-il dit. En 2002 une cane de macreuse avait eu cinq petits, un seul avait vécu jusqu'à l'age de deux mois, il est mort d'un accident avec une grue. La cane avait pondu le 26 juillet.

En 2003 une cane a pondu le 3 juillet, l'autre le 9 juillet, au total 13 oeufs. La cane couve très bien je pouvais m'en approcher sans problème et toucher les oeufs sans que celle-ci ne panique, me précisait notre ami. Après 14 jours d'incubation sous la mère les oeufs ont été placés en incubateur, six petits sont nés. Il les a élevés de façon tout à fait classique pour des plongeurs. Il faut reconnaître que le micro floating a permis de résoudre beaucoup de problèmes d'élevage de canards délicats. Le micro était disposé de deux façons. Dans une petite coupelle, et aussi dans l'eau en petite quantité. Les petits se sont développés normalement, une bonne courbe de croissance était constatée. Ejointés au cours de la première semaine et sexés après trois semaines ; trois couples faisaient la joie de l'heureux éleveur.

Quelques jours plus tard, un signe inquiétant vint troubler l'euphorie du moment, une diarrhée blanche ! Les canetons ne prenaient plus de nourriture, après avoir consulté un vétérinaire, le diagnostic de coccidiose est tombé, les canetons sont morts rapidement

Mais il faut garder le moral et essayer de comprendre, la réponse est entre les mains de notre ami. Les parents sont bien en vie et tous les espoirs de voir enfin, pour la première fois en France, une expérience d'élevage réussie de macreuses brunes sont permis. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de l'évènement.

Paul Marguier   pmarguier@nordnet.fr

Oies-canards-ornement

Voir le local d'élevage   www.lescanardsdemormal.com

Bibliographie.

 

Wildfowl, Steve Madge & Hilary Burn

Handbook of the world, del hoyo, Elliot & Sargatal

Ducks in the wild, Paul Johnsgard

Par Paul Marguier - Publié dans : Expériences d'élevage Oies-canards
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Commentaires

Les photos sont superbes et le contenu surtout très instructif. Bonne continuation, ce site est une source enrichissante pour tous les passionnés comme nous. Encore bravo.
Commentaire n°1 posté par D.M. François le 11/03/2007 à 10h48
De précieux renseignements, pour les débutants comme pour les experts, soient tous les passionnés comme vous de la gent palmée... Merci pour ce partage, je viens régulièrement sur le site afin d'y découvrir les nouveautés.
Commentaire n°2 posté par Rémi du Maugas le 22/04/2007 à 14h18
C'est évident que je souhaite être tenu au courant de l'évolution de cet élevage. Je ne suis pas à proprement parlé un fan des macreuses mais l'idée d'essayer d'élever des espèces délicates m'intéresse au plus haut point. Ca change et puis c'est instructif ! Merci.
Commentaire n°3 posté par Michaël Renard le 21/06/2007 à 05h24
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